Conseil de l’Europe
Les victimes du nazisme – Destins spécifiques
Régis Schlagdenhauffen et Francine Mayran

- Modifié le 5 décembre 2016

Depuis 2011, le Conseil de l’Europe développe un programme transversal (éducation, culture, patrimoine, jeunesse et sport), consacré à la transmission de la mémoire de l’Holocauste et à la prévention des crimes contre l’humanité.

C’est la troisième phase d’un projet qui a commencé à la fin des années 1990 dans le cadre de l’enseignement de l’Histoire européenne au XXIe siècle. Depuis 2001, autour de la mise en place nationale d’une journée de la Mémoire de l’Holocauste et de prévention des crimes contre l’Humanité dans les Etats membres, ont été menées des actions de sensibilisation à l’importance de la thématique autant auprès des ministères de l’éducation que des enseignants. Pour ce faire, non seulement des ateliers européens de formation sont proposés régulièrement par les Etats membres de la Convention Culturelle Européenne de 1954, mais le Conseil de l’Europe publie du matériel pédagogique en fonction des besoins et des demandes des enseignants européens.

Une fiche pour chaque groupe de victimes

Les fiches pédagogiques sur les différentes catégories de victimes du nazisme ont pour objectif d’aider les enseignants à préparer leurs cours sur l’histoire et sur la mémoire de l’Holocauste.

Chaque fiche (format A4 recto-verso) propose une synthèse sur la persécution nazie d’un groupe de victimes en particulier.

■ Les fiches concernent les groupes de victimes suivants : Handicapés – Homosexuels – Témoins de Jéhovah – Résistants et opposants politiques – Slaves – Polonais – Roms (Tsiganes) Juifs – Asociaux

■ Toutes les fiches sont structurées de la même manière pour une meilleure lisibilité.

■ Elles peuvent être travaillées à deux niveaux, d’une part d’un point de vue textuel et photographique, d’autre part sous un angle artistique, en analysant le message que l’artiste veut véhiculer.

■ Il s’agit de s’insurger contre la concurrence des mémoires des victimes. L’idée qui prévaut est de proposer une approche comparative qui mette en exergue les spécificités de chacune des politiques appliquées aux victimes et de leur contexte. Chronologiquement, des limites larges ont été choisies, c’est-à-dire de 1933 (et l’accession au pouvoir des nazis) jusqu’à 1945 (et la capitulation sans condition de ce régime).

■ L’analyse des mécanismes est nécessaire dans une perspective préventive. Seront ainsi présentées pour chaque groupe de victimes persécutées :

- La chronologie, l’idéologie
- Les mesures prises contre ce groupe et les étapes
- Leurs conséquences
- La position du Conseil de l’Europe
- Une reproduction photographique à analyser
- Un extrait d’un texte pour aller plus loin
- Des références bibliographiques et filmographiques
- Une œuvre picturale au service de la mémoire s’appuyant sur l’histoire pour interroger et interpeller l’élève et revenir à la dimension humaine individuelle des victimes et confronter l’humanité des victimes à l’inhumanité de la barbarie.

■ Chronologiquement, des limites larges ont été choisies, c’est-à-dire de 1933 (et l’accession au pouvoir des nazis) jusqu’à 1945 (et la capitulation sans condition de ce régime).

■ Sur le plan textuel elles ont été conçues par le Dr. Régis Schlagdenhauffen, chercheur à l’institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS) de l’Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales (EHESS), avec l’aide de Noémie Musnik (historienne, ingénieure en techniques de la documentation) et de Ségolène Debarre (professeure agrégée d’histoire et de géographie, ancienne élève de l’école normale supérieure).

■ Sur le plan pictural artistique, une peinture a été réalisée par le Dr. Francine Mayran artiste peintre et psychiatre.

■ Les fiches pédagogiques du Conseil de l’Europe considèrent la persécution nazie dans sa dimension européenne en dépassant les frontières nationales. Pour cette raison, aucune fiche ne concerne un Etat en particulier (à l’exception de celle spécifiquement consacrée aux persécutions infligées aux Polonais).

Ces fiches analysent la nature des crimes contre l’Humanité commis par les Nazis, mettent en exergue la spécificité de chacune des catégories de victimes du génocide des Juifs et des Roms dans l’Histoire de l’Humanité en général et dans l’histoire de l’Europe en particulier – et la destinée spécifique des « autres » groupes de victimes.

Francine Mayran, peintre-céramiste et psychiatre strasbourgeoise, née après la deuxième guerre mondiale, permet à la mémoire de l’Holocauste de s’incarner dans ses créations pour lier art, mémoire et histoire. Par ses œuvres (peintures, céramiques et textes) l’exposition « Témoigner de ces vies » construit un chemin de mémoire européen, avec plus de 20 expositions.

Régis Schlagdenhauffen, sociologue et historien est docteur de l’Université de Strasbourg et Dr. Phil. de l’Université Humboldt de Berlin. Il enseigne depuis 2012 la sociologie à Sciences Po et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il est l’auteur des fiches pédagogiques sur les victimes du nazisme réalisées par le Conseil de l’Europe, dans le cadre de son programme « Transmission de la mémoire de l’Holocauste et prévention des crimes contre l’humanité ».

Télécharger l’ouvrage sur le site du Conseil de l’Europe

Éditions du Conseil de l’Europe, Strasbourg, 2015